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Boxers : Jonathan Janil, le Saint-Pierrais de Normandie

Boxers : Jonathan Janil, le Saint-Pierrais de Normandie

Natif de Caen, originaire de Saint-Pierre-et-Miquelon par son père, Jonathan Janil est un peu atypique dans le hockey auquel il ne pouvait échapper pour raison familiale. En favorisant les études au point d’être titulaire d’une licence et d’un Master 1, il n’avait pas prévu d’embrasser une carrière professionnelle. Sans l’intérêt que Rouen lui a porté il y a six ans, il ne serait pas devenu un des piliers de l’équipe de France, et ne terminerait pas sa première saison avec les Boxers de Bordeaux….

Difficile de ne pas évoquer Saint-Pierre-et-Miquelon qui est un peu la branche forte de l’arbre généalogique de Jonathan Janil.

Né il y a 28 ans à Caen d’une maman normande qui a longtemps travaillé dans les laboratoires Kodak avant de bénéficier d’un plan de retraite anticipé, et d’un père venu en métropole pour faire ses études.

« Il a fait une formation en menuiserie vers 17 ans. Il était à Saint-Brieuc et au début, il faisait 280 km entre la Bretagne et Caen pour s’entraîner. Et au final il s’est installé à Caen et il y est resté. Il y a connu ma maman », raconte le n°3 des Boxers.

« En fait je suis mi-Saint-Pierrais, mi-métropolitain, même mi-Normand », sourit-il.

« Mon père jouait au hockey et il bossait à côté. Il a commencé par la menuiserie, il a fait des petits boulots et une grande partie de sa carrière comme commercial dans l’hydraulique. Il a fini par gérer deux agences dans le Calvados et il est maintenant à la retraite depuis cette année », ajoute « Jon ».

Jonathan Janil se dit « fier » de rappeler cette origine, et il ne manque pas une occasion quand il le peut d’en parler, de représenter un peu les Saint-Pierrais.

« Ça doit faire 6 ans que je n’y suis pas allé. Mais on projette d’y retourner. Après, le problème de Saint-Pierre c’est que les billets d’avion sont très chers et il faut prévoir un séjour assez long. Pour cette raison, il n’y a pas énormément de touristes, et donc pas beaucoup de structures d’accueil », regrette l’international français.

Il se souvient de ses vacances d’été passées chez ses grands-parents. « J’y suis allé deux ou trois ans de rang entre 11 et 14 ans en voyage accompagné ».

Pour lui « Saint-Pierre, pour y vivre, il faut être né là-bas. Quand on a l’habitude de vivre en métropole, ça peut être dur mais quand on y va comme je l’ai fait un mois d’été, on ne s’ennuie pas. »

Ce bout de terre de France près du Canada vit encore un peu de la pêche mais moins qu’avant. « Les emplois se diversifient mais il y a beaucoup de jeunes de Saint-Pierre qui viennent en métropole et y font leur vie ».

Marqué par ce lien, Jonathan Janil reconnaît avoir « reçu un peu de la culture saint-pierraise, ne serait-ce que par le hockey. »

Nous y voilà….

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« Le hockey est très présent à Saint-Pierre-et-Miquelon. Les gens regardent beaucoup les chaînes de télé d’Amérique du Nord et le hockey est partout. L’hiver ils suivent la saison de NHL. Ils sont beaucoup de supporters soit de Montréal soit de Boston », indique le défenseur bordelais.

Au point qu’il pense que si son père n’était pas Saint-Pierrais il ne serait peut-être pas hockeyeur aujourd’hui, pas plus peut-être que son frère Martial qui a fait une carrière professionnelle et qui est aujourd’hui éducateur sportif, et en parallèle entraîne des jeunes à Caen et même la D3 cette année. 

« Mon père est un passionné. Il a joué à Caen, en équipe de France, il a été entraîneur à Caen, puis dans les équipes de France des jeunes, il est aujourd’hui président du hockey mineur à Caen », rappelle Jonathan Janil.

« Il est moins sur la glace, il supervise un peu, il va voir les matchs à droite, à gauche. Il est à fond dedans parfois au grand désespoir de ma mère. Elle aime aussi le hockey mais de là à se lever en pleine nuit pour voir un match de NHL à la télé, non. Il est tellement accroc, que je crois que le jour où il n’y aurait plus de hockey il faudrait qu’il fasse une désintox », sourit l’ancien rouennais.

Si il a été naturellement vers le hockey dès l’âge de 3 ans, il n’y a pas sacrifié ses études. Il a vécu dans un milieu familial qui lui a donné une bonne éducation, et a passé une enfance heureuse.

« J’ai grandi dans un milieu sain, dans une maison avec un jardin. Mes deux meilleurs potes habitaient juste à côté, tout allait bien. Avec eux on faisait des courses de vélo, de karting, des matchs de foot, de roller-hockey devant la maison qui se trouvait dans un cul-de-sac. On s’était fabriqué des buts en bois. Mes deux potes étaient footballeurs, l’un est devenu journaliste sportif à Poitiers, l’autre est infirmier à Paris et on reste continuellement en relation », raconte Jonathan Janil.

Il lui a fallu jongler entre le hockey et les études mais il l’a fait avec bonheur, obtenant son bac en sports-études alors qu’il jouait déjà avec les seniors à Caen.

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Puis durant deux ans il a fait un BTS NRC (Négociation et relation client) option banque en alternance à la Société Générale (2005-2006).

« Ces deux années n’ont pas été évidentes parce que je devais toujours être en cours. Mon employeur me permettait de m’entraîner quelquefois le matin mais à l’époque on était en Ligue Magnus avec Caen et c’était compliqué », se souvient-il.

Finalement Caen est redescendu en D1 et Jonathan Janil est resté.

 

« J’avais commencé très tôt en Ligure Magnus, j’avais l’impression d’avoir brûlé les étapes. Rester était mieux pour me reconstruire », souligne-t-il.

Toujours en alternance avec une salle de sports dont le gérant était le préparateur physique de l’équipe de D1 dans laquelle il jouait, ce qui a été « une belle opportunité », il a obtenu une licence (responsable d’activité en marketing et commercial).

Mais le destin va frapper à sa porte…

« Je n’avais pas de plan de carrière. Si je n’avais pas eu un appel de Rouen en 2010 je pense que je serais peut-être encore aujourd’hui à Caen, je ne sais pas », estime Janil.

Rejoindre un grand club comme Rouen ne se refuse pas. Il y restera finalement 5 saisons, y gagnera tout ce qu’on peut gagner et sera appelé en équipe de France dès la première année…

« Les deux premières années, j’ai laissé les études de côté et j’ai même travaillé dans une boutique. Puis ensuite j’ai passé mon Master 1 en marketing et management, tranquillement sur les trois années suivantes. »

« Aujourd’hui je suis à Bordeaux, je me concentre sur le hockey mais à moyen terme je compte passer le Master 2 pour ne pas avoir fait un Master 1 pour rien, et pour boucler la boucle », assure le solide défenseur.

A Rouen il a rapidement réussi son pari. Celui qui avait joué déjà quatre mondiaux (deux avec les U18 et deux avec les U20), a été appelé chez les bleus pour jouer le mondial 2011 à Kosice en Slovaquie.

« J’ai toujours été défenseur et c’est une chance pour moi car sans ça peut-être que je n’aurais pas été à Rouen ou en équipe de France. Il y a beaucoup plus de concurrence chez les attaquants », reconnaît-il avec modestie.

Défenseur dans l’âme, il reconnaît avoir un goût particulier pour « le jeu physique, le jeu défensif, le blocage des tirs… »

C’est ce type de joueur qui a séduit Bordeaux…

 « J’étais bien à Rouen mais le club a voulu se donner du temps pour réfléchir et moi j’avais besoin d’une réponse rapide et d’un club qui avait un projet à moyen terme. Et j’ai été séduit par le projet bordelais. Il y avait un confort de vie derrière. Et j’ai signé pour deux ans », indique le désormais bordelais.

« Je ne regrette rien. Tout est réfléchi, c’est du sérieux, j’ai une grande confiance dans ceux qui dirigent ce club. Ce qui m’a séduit aussi c’est ce côté un peu familial, pas de barrière avec les dirigeants, ce que j’avais déjà un peu vécu avec Caen », ajoute-t-il.

 Il regrette bien entendu les problèmes de disponibilités de la patinoire en raison de sa polyvalence ce qui peut ralentir l’évolution du club, mais il sait aussi que le jour « où elle deviendra une patinoire à temps complet, il y aura quelque chose à faire, surtout dans une ville comme Bordeaux  où il y un fort attrait pour le sport. »

A propos de patinoire, il a été séduit par cette grande enceinte et par son public. « En terme d’ambiance c’est assez similaire avec Rouen. Je trouve le public bordelais très réactif. Je le sens aussi un peu chauvin mais ça reste très bon enfant. »

 « Avec ma compagne Marie-Amélie on est allé à Lacanau, Arcachon, le Cap-Ferret, le Porge… Saint-Émilion, et je n’oublie pas la ville de Bordeaux où on peut se promener et qui est même très animée le dimanche. On n’a pas encore tout visité mais le peu que j’ai fait m’a beaucoup plu », dit-il.

 Et puis comme il commence à s’intéresser au vin, et qu’il compte approfondir ses connaissances, il prévoit « quelques sorties dégustations mais avec modération… »

 Il n’en reste pas moins que son occupation principale est sa fille, Rose, née en janvier 2015…

 « Avant qu’elle arrive, on aimait beaucoup aller au cinéma, profiter de sorties entre amis. On a eu aussi une passe séries TV. On a complètement accroché avec « Dexter » par exemple. Avec la petite on est plus sur les promenades. »

 Marie-Amélie a trouvé du travail dans une banque, Rose est là pour égayer les jours, la région est belle et l’aventure bordelaise dans le hockey est séduisante. Autant d’arguments qui plaident pour que Jonathan Janil ne fasse pas qu’un petit passage par la Gironde.

Photo de une et photo 1 : JML Photo – Tous droits réservés

Photo 2 : Slap’On Graphie – Tous droits réservés

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Posted by Bordeaux Tourisme on Donnerstag, 21. April 2016
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